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Europe 1

Trois innovations de pointe au service de nos armées

Trois innovations de pointe au service de nos armées

Il y a une semaine, le 14 juillet mettait à l’honneur les moyens techniques
des forces armées françaises. Chars, hélicoptères et avions de chasse
défilaient fièrement sur la Place de la Concorde. Nos armées ont de plus en
plus besoin d’innover pour, d’une part, assurer leur sécurité et d’autre part
garantir l’efficacité des opérations. Sur Europe 1 dans l’émission "La
France bouge", on vous présente trois innovations de pointe au service de
nos troupes.
37,5 milliards d’euros, c’est le montant du budget du ministère des Armées pour l’année
2020. Sur le terrain, l’armée française a continuellement besoin d’innover pour garantir
l’efficacité des opérations militaires tout en assurant la sécurité des troupes en première
ligne. C’est ainsi que l’institution militaire n’hésite pas à financer des entreprises
françaises pour développer des solutions technologiques au profit des forces armées ou
même pour un usage civil. Un chien muni d’un système de caméras, un bateau avec une
aile pour "voler" au-dessus de l’eau, ou même un robot pour éteindre à lui seul les feux
les plus ardents, Europe 1 vous présente dans "La France bouge", trois innovations qui
vont changer le quotidien de nos troupes sur le terrain.

K9 vision system, un système de caméra pour chien

Un chien muni d’un masque et d’un système de caméras à la pointe de la technologie ?
C’est le concept imaginé et conçu par Thomas Schuppe, ex-maître chiens au GIGN en
partenariat avec Morin, une entreprise spécialisée dans les produits pour chiens. Le
chien présent sur le terrain est muni, tout d’abord, d’un masque de protection teinté
pour protéger ses yeux des rayons UV. Une caméra avant et arrière, des micros, des
haut-parleurs ainsi que des lumières pour aider sa progression ont été également
installés. Autant de technologies qui maintiennent un contact permanent entre le
l’homme et le chien. En clair, ce système permet de voir ce que les chiens voient en
temps réel et de leur donner, par conséquent, des ordres lorsqu’ils sont hors de vue afin
de maximiser les capacités opérationnelles des troupes sur place.
Pour Thomas Schuppe, fondateur du concept, ce système de pointe change
radicalement la donne sur le terrain. L’action des troupes françaises est, ainsi, d’autant
plus efficace grâce à ce soutien canin : "Généralement, le chien est envoyé en première
ligne par ses qualités olfactives. Le problème c’est que l’on peut facilement perdre
l’animal en visuel. Grace à ce système, le chien est devenu maintenant un élément
essentiel sur le terrain, il nous aide pour ses qualités de reconnaissance et de capture
d’image et pas seulement pour ses qualités olfactives".
D’ailleurs, le champ d’action du chien brasse large : rechercher un véhicule suspect,
tracer un individu dangereux ou même cherche de la matière explosive. Et le système a
fait ses preuves sur le terrain assure Thomas Schuppe : unités spéciales françaises, 
unités étrangères, forces traditionnelles, unité de voies publiques comme la police ou la
gendarmerie, tous le demandent. Cependant, il faut y mettre un prix car ce système de
caméras pour chiens coûte 30.000 euros.
Plus besoin, donc, d’être un maître de chiens aguerri pour guider l’animal sur le terrain.
"Ce système nous a donné de nouvelles perspectives, en tant que maître de chien, car on
va utiliser plus facilement notre animal. Mais aussi pour nos chefs d’équipe qui ne sont
pas maîtres de chien. Avant on ne cherchait qu’avec son nez, maintenant c’est aussi
visuel", se réjouit le concepteur du projet au micro d’Europe 1.
Et ce masque high-tech n’est pas une entrave au bien être de l’animal, assure le
concepteur: "En effet, ce n’est pas naturel. Mais au pire des cas, il lui faut une semaine
pour accepter ce système. A savoir que le système ne gêne en rien mobilité. Il comprend
vite qu'il peut boire, manger, jouer, mordre. Il peut continuer ses actions sans
problème".

Seair, le bateau à moteur pour "voler" au-dessus de l’eau.

Et si nos soldats pouvaient "voler" au-dessus de l’eau ? C'est en tout cas ce que propose
l'entreprise Seair. Richard Forest, président fondateur du concept, a inventé des bateaux
à moteur munis d’une aile sous-marine qui, avec l’effet de la vitesse, va permettre de
l’élever et d’atténuer les chocs. Capable de transporter au moins huit soldats en
intervention pendant deux à trois heures, ce bateau amélioré permettra de réduire la
fatigue des hommes très souvent malmenés lorsque l’engin est poussé à vitesse grand V
sur l’eau. "Le problème c’est que d’habitude ils se font secouer comme des pruniers sur
l’eau. Sur un zodiac ils ne peuvent pas faire ce métier plus de 10 ans à cause de la
traumatologie du soldat compte tenu de la vitesse à laquelle ils vont 30/40 noeuds.
Notre technologie fonctionne comme un amortisseur", explique Richard Forest sur
Europe1.
Les chocs sont donc moins fréquents : sur une mer de niveau deux, c’est-à-dire avec 60
cm de vagues, les chocs sont réduits de 70%, sur un mètre de vagues, ils sont réduits à
50% et enfin sur 1,50, les chocs sont diminués de 30%. Simplicité est d’ailleurs le maître
mot de ce projet puisqu’il n’est pas nécessaire de détenir un permis bateau spécifique.
Les ailes étant rétractables, il ne suffit que d’un bouton pour les faire disparaître.
Et c’est grâce à un heureux hasard que ce projet a pu voir le jour : "Il y a un an et demi,
les forces spéciales de Lorient ont vu la démonstration sur l’eau de nos bateaux pendant
qu’on faisait des essais. Ils ont été étonnés et surpris. On les fait monter à bord et on
leur donne le volant pour leur faire tester. Pendant 18 mois, une vingtaine de pilotes des
forces spéciales ont essayé le bateau. En même temps, l’état-major de l’armée nous avait
identifiés comme une innovation intéressante, c’est là que tout a commencé ", raconte
sourire au coin Richard Forest, le président fondateur.
Même si la concurrence dans le secteur est rude, Richard Forest se dit confiant. Son
concept est "une version 2.0 par rapport aux innovations précédentes", affirme-t-il.

Colossus, le robot qui avait sauvé Notre de Dame

Collosus, ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, c’est une véritable star dans le secteur
militaire et c’est le meilleur ami des sapeurs-pompiers depuis sa création en 2017. C’est
ce robot qui avait permis de faire baisser la température à l’intérieur de la nef de Notre-
Dame, prise dans les flammes en avril 2019. Et son efficacité a été confirmée durant
cette opération à haut risque. "Il a été déployé lors de l’incendie à partir du moment où
le risque était trop important. Le général a décidé d’évacuer les hommes pour envoyer le
robot Colossus qui a servi près de huit heures dans une température ambiante à plus de
800-900 degrés. Le robot a permis d’éteindre le feu à l’intérieur de la cathédrale",
raconte sur Europe 1 Cyril Kabbara, directeur de Shark Robotics, l’entreprise à l’origine
du concept.
En plus de faire ses preuves face aux flammes de Notre-Dame, ce robot de 180 kg est
également employé pour des missions assez variées : transporter du matériel, évacuer
des blesser ou encore faire des relevés d’information. En effet, il est paré de
technologies derniers cris : un porte-brancard pour porter les blesser, un bélier pour
pousser un véhicule en feu, et un large panel d’équipements électroniques. Pour le
concepteur du robot, Colossus, devenu le bras droit des sapeurs-pompiers, apporte un
soutien non négligeable à nos forces : "Les pompiers envoient le robot mais c’est
toujours l’homme qui est dans la boucle décisionnelle et qui va savoir comment
intervenir. Le robot lui n’est jamais que l’élongation de la main du pompier. Et c’est
comme ça qu’il va pouvoir rentrer dans un établissement qui risque de s’effondrer",
déclare Cyril Kabbara.
Et avec la crise du coronavirus, Shark Robotics est même allé plus loin. Un robot de
décontamination, équivalent à Colossus, a été mis à disposition pendant cette période
pour désinfecter plus efficacement et plus rapidement les grandes surfaces. Ce robot
permet ainsi de décontaminer en trois heures, par procédé de micro pulvérisation, de
larges surfaces allant jusqu’à 20 000 m².
Tous ces robots à la pointe de la technologie sont conçus, fabriqués et assemblés à La
Rochelle, une manière "de répondre au plus vite à la demande spécifique des clients que
ce soit les forces armées ou les entreprises", conclut le concepteur.

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